La troisième condition de Lénine

RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 152 / mai 2016

http://resistons.lautre.net/spip.php?article562



C’était le premier mai à Paris et ce n’était pas comme d’habitude. Ce n’était pas la traditionnelle balade familiale avec les cortèges des partis Kurde ou Tamul. Devant le compact « carré de tête » des « chefs » et leur SO s’amassaient des milliers d’opposants à la « loi travail » et son monde, en lutte depuis déjà 2 mois. 

Jeunes et moins jeunes, parfois bardés de leur badge et drapeau syndicaux ont bravé l’ « ordre » et crié leur colère en réponse aux brutales provocations du pouvoir : cortèges violemment scindés, enfermant des milliers de personnes dans une « nasse » (tactique nouvelle déjà rodée lors des manifs lycéennes et employée le jeudi 28 avril et pour la première fois dans un cortège du premier mai !). Face aux gazages continuels, les manifestants n’ont pas fui et ont crié « police nationale, police du capital » ou encore « tout le monde déteste la police ». 
Vous vous rendez compte ? L’enfumage habituel se fissure ! Renvoi à l’échéance des élections de 2017, idéologie sécuritaire et raciste (leur « dernière carte » disions nous dans l’édito du RE d’avril dernier)…une partie de plus en plus massive de la population commence à ne plus vouloir en souper. L’Etat « le plus froid de tous les monstres froids. » (Nietzsche) est contraint de se dénuder. Son dernier atout ce sont ses hommes en armes : matraques, grenades, tonfas, flashballs et bientôt fusils d’assaut.


Pour Lénine trois conditions devaient être réunies pour le succès d’une révolution : qu’en bas on ne veuille plus, qu’en haut on ne puisse plus… et qu’existe un « parti révolutionnaire d’avant-garde capable de diriger les masses ». 

Les deux premières conditions commencent à être remplies en France. En revanche la troisième, on n’en veut pas : l’histoire a tragiquement et à plusieurs reprises condamné cette idée. En mai 1968, par exemple, c’est le PCF qui a entrepris de liquider la grève générale de 10 millions d’exploités d’où aurait pu surgir le pouvoir anti capitaliste du peuple. 
Pourtant on sent de plus en plus qu’une vraie « troisième condition » manque. D’où va-t-elle surgir ? Des assemblées populaires, genre « Commune de Paris », esquissées par les « Nuit Debout », qui essaimeraient dans le pays ? De la liaison de ces assemblées avec des grèves qui se généraliseraient et se durciraient ? Des quartiers populaires qui se révolteraient massivement sans plus être isolés, comme en 2005, face à la répression féroce de l’Etat ? D’un mouvement populaire de soulèvement spontané qui viendrait de n’importe où n’importe quand pour se dresser contre les massacres étatiques généralisés ? 
 
Aujourd’hui personne ne le sait, c’est normal tellement la situation est confuse et nouvelle. Mais une embellie semble se pointer. Et elle est pleine de promesses.

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